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Première partie.
Je voudrais commencer par rendre un vibrant hommage à toutes les personnes qui ont contribué à la naissance du mondioring tant sur le terrain que dans les coulisses. Citer des noms est toujours un exercice périlleux car la mémoire est capricieuse... Que ceux qui ne se retrouveraient pas ici ne me tiennent pas rigueur et ne voient là qu'une omission tout à fait involontaire.
L'idée du mondio a germé au cours d'une rencontre de plusieurs amateurs de chiens lors d'une finale de coupe de France au début des années 80. Etaient présents à cette rencontre des représentants des pays limitrophes tels que la Hollande, la Suisse l'Italie, la Belgique et l'Allemagne. C'est autour d'une table, dans un très bon restaurant de Metz, que la proposition fut lancée d'organiser une rencontre internationale et de faire connaître à tous le programme national de chacun, car, en fait à cette époque, peu connaissaient, beaucoup critiquaient, et très peu savaient ! Autour de cette table, je peux vous dire qu'il y avait du beau monde. Je pourrais citer, par exemple, M. Noël, bien connu dans le monde du sport et qui sait de quoi il parle. M. Varlet qui, lui, en avait dans la tête plus qu'un windows 98 et qui, le premier, s'est occupé des relations et contacts avec les utilisateurs des pays nommés. Il y avait aussi M. Beyer, très grand dresseur. Et puis des hommes comme M. Lalanne, M. Savigna, M. Ruden, et M. Debonduewe, onze fois champion de France ! Des hommes aussi comme M. Porcu, qui s'était même permis de venir remporter un championnat de Wallonie chez nous, en Belgique. M. Graziano et encore des Suisses, comme M. Suissig et M. Romelli qui sont les pionniers du Mondio suisse. Sans oublier les Allemands, MM. Rydel et Hengel, M. Oppizzi pour l'Italie et les Hollandais représentés, eux, par une équipe de finalistes de leur championnat.
Tout ce gratin du monde cynologique émit l'idée de se rencontrer une fois par an. La première rencontre eut lieu à Tournai et fut organisée par M. Vansteenbrug. Ce fut une réussite exceptionnelle, une Journée du Chien inoubliable. Nous avions demandé aux représentants de chaque pays de nous faire une démonstration de leur programme national. Même les Américains étaient venus...
Ce fut le déclic et le départ de la grande aventure.
Nos instances nationales étaient présentes. La Société royale Saint-Hubert était représentée par des membres de son Conseil. Parmi eux je tiens surtout à remercier M. Vankeulebroek, Vice-Président qui, dès le début, nous a apporté son précieux soutien de même que MM. Dambrain et Misselyn pour leur aide et leurs encouragements.
Pour la France, citons M. Aujola, M. Vessière et M. Porcu qui avaient invité M. Orlandini qui nous a apporté son expérience.
Il y eut aussi "the right man in the right place" (pour ceux qui ignorent l'anglais : l'homme qu'il fallait à la place qu'il fallait) : M. Gianni Frey et sa femme Claudia qui établirent le contact et présentèrent l'idée - appuyée par une vidéo - à M. Hans Nievergelt aujourd'hui décédé et qui, à l'époque, était Président de la Fédération canine internationale. Son intervention fut décisive.
Filippo ROCCHI.
Deuxième partie.
On m'a demandé pourquoi le mondioring était né. Tout simplement parce que les utilisateurs de tous les pays avaient envie de connaître et de savoir si et comment il serait possible de faire autre chose avec notre compagnon à quatre pattes. N’oublions pas qu’à cette époque très peu de pays pratiquaient un travail complet, c’est-à-dire obéissance, saut et mordant; ce dernier avec un costume complet. Notre but le plus important était de faire connaître et comprendre aux utilisateurs que le chien pouvait mordre n’importe où, et qu’il était possible de lui apprendre à se débrouiller sans son maître dans certaines circonstances.
Ce ne fut pas une mince affaire car certains pays très puissants aux niveaux cynologique et travail de police avaient un programme qui, transposé dans la vie courante, se révèlerait irréaliste et totalement inefficace. Un voleur ne se promène pas avec une manche au bras. C'est une des raisons qui ont amené plusieurs dresseurs à revoir leur façon de travailler.
A cette époque, seules la France, la Hollande et la Belgique avaient un programme de mordant autre que le programme international R.C.I.
Beaucoup de dresseurs français ne pouvaient pas comprendre que tous les chiens belges donnaient au minimum deux ou trois coups de dent au retour d'attaque ou à la garde au ferme.
Pour un utilisateur du programme belge, le plus important était de SOIGNER LA PRISE. Nous avions derrière nous plus de cent ans d’un programme qui était basé systématiquement sur la variabilité et sur la prise en gueule de ces chiens par ailleurs fortement constitués, de tête et en gabarit (hors standard, programme oblige!).
Pour nous les Belges, marcher sur un terrain avec la discipline de nos voisins français ça nous donnait le vertige.
Il était impensable que l’on puisse faire sauter un chien sans lui donner au moins trois ou quatre commandements, ou l’envoyer à "l’en-avant" sans l’empoigner par le cou.
Les Hollandais ne comprenaient pas qu’un chien puisse mordre sur un homme d’attaque presque immobile, qui ne criait pas. Leur programme est un travail de police basé exclusivement sur la vitesse et la mobilité. La partie "mordant" ne comporte que très peu d’obéissance. Par contre, les attaques sont d’une violence extrême. Leurs figurants (HA) sont d’une expression telle que, je suis persuadé qu'aujourd'hui encore, certains maîtres-chiens belges, français et autres s'en souviennent.
Nous avions tous un programme différent que nous aimions.
Il nous fallait une discipline parallèle et complémentaire. Plusieurs très grands dresseurs nous en ont fait d’ailleurs la démonstration, et ont prouvé aux détracteurs qu’il était possible de travailler plusieurs disciplines en même temps.
Les meilleurs exemples, sont les vainqueurs de nos championnats de mondioring qui étaient aussi champions dans leurs pays avec des disciplines différentes.
Ex : Je citerai pour commencer sans doute le meilleur d’entre nous : - M. Roland HUBERT, plusieurs fois champion de France "Campagne", deux fois champion de France "Mondio", trois fois champion du monde en Mondioring, X fois champion de France "Pistage", X fois finaliste en "ring français", et qui gagne même des concours en programme international RCI. J'en oublie sûrement. Il me le pardonnera !
- M. Serge APPELTANS, deux fois champion du monde, X fois champion de Belgique "en ring", et qui a aussi joué 200 points sur 200 en obéissance !
- M. Steve SEYNAVE : champion de Belgique "en ring" en 1999 et champion en Mondioring quelques semaines plus tard à Mulhouse.
- La famille BEYER : X fois finalistes à la Coupe de France. Vainqueur du Championnat de France, Michel a gagné le Championnat de Mondioring à Gijon (Espagne ) en 1993 et Frédéric, alors qu’il était encore gamin, a gagné le Championnat du Monde à Arendonk (Belgique) en 1994.
- J’ai moi-même joué plus de 250 concours de mondioring; été 17 fois finaliste du championnat belge, 2 fois champion du mondioring à Creutzwald 1991 et Cortébert 1992, et Champion de Belgique en catégorie 3 à Esneux.
Il en reste encore d’autres ! Je ne peux pas tous les nommer. Nous y reviendrons plus tard. Tout ceci pour essayer de faire comprendre à certains têtus qu’il est possible de jouer dans plusieurs programmes à la fois.
Ce qu’il faudrait surtout bien comprendre, c’est que le mondioring est une discipline parallèle, qui a besoin de grandir et surtout de mieux se faire connaître et ne jamais croire que nous avons créé une discipline de substitution !
C’est peut-être là que le message est parfois mal passé et que certains ont mal compris.
Le positif de tout ce travail a, malgré tout, amené plusieurs pays à revoir un peu leurs règlements. Ex : Pour la Belgique : "rappel et cessation de la voix et du sifflet", "les mètres de fuite", "l’allure générale du conducteur" etc..etc..
Si nous voulons être honnêtes avec nous-mêmes, nous sommes forcés de constater que le mondioring n'est vraiment pas né pour rien.
Filippo ROCCHI